Alexia
Comme tout les dimanches je vais voir papas et maman, juste trois pierres marquent leur endroit de repos. Comme toujours une larme coule et roule le long de ma joue, ma seule larme de la semaine, comme d’habitude. Comme à chaque fois, je l’essuie avant qu’elle n’atteigne mes lèvres. Ensuite, je me relève pour me placer entre mes deux frères, mon rituel, mes seules habitudes. Lucas et Jélian me prennent par les épaules et nous sortons tous les trois du sanctuaire de mes parents.
Aujourd’hui, nous célébrons mon mariage avec Phaélian. Tous les amis sont là, Céria et Cerquo ainsi que leurs deux enfants Malaïda et Téhibé, Camia seule, qui pleure de joie pour son fils, Laoé qui est restée, abandonnant son rêve de retourner sur Terre, en souvenir de maman avec Zequi et leur fils Ulyan (Ulyane) et enfin Kalia qui continue les allées et venues sur Terre et ici dans le Royaume Gris que nous gouvernons.
Bien sûr, dans les airs les nuages forment avec précisions les visages de nos parents.
Vous nous manquez
Et dire qu’en un claquement de doigt on pourrait les réveiller, mais maman ne veut pas et nos pères ont refusés de la laisser partir seule et de retourner sur Terre pour vivre une vie normale.
L’amour qu’ils devaient se porter…
« Ils ne devaient pas partir
Ils sont partis quand même
Ils ne devaient pas souffrirent
Mais on les a poussés à l’extrême
Ils ne devraient pas dormir
Ils dorment quand même
Ils ne devraient pas pourrir
Ils pourrissent quand même
Je pourrais m’éterniser sur le sujet
Vous raconter tous les faits
Vous expliquer la situation
Vous narrer les complications
Mais je ne peux pas
Je ne veux pas
Je ne m’en sens pas capable
Je me sens juste misérable
J’étais petite, j’avais sept ans
J’ai pleurée toutes les larmes de mon corps
Je suis grande, j’ai dix neuf ans
Je pleure encore
J’ai eu beau hurler
Crier, taper du pied
Ils n’ont jamais voulu rester
Ils n’ont jamais voulu se séparer
Mes pères ne me porteront pas à l’autel
Ma mère ne me prêtera pas son porte-jarretelle
Ils ne verront pas mon visage heureux
Ils ne liront jamais le bonheur dans mes yeux
Devant le monde, en robe blanche
Il me fera sa révérence
Ses parents applaudiront
Les miens jamais ne répondront
On nous félicitera chaleureusement
On nous prédira monts et merveilles
On passera du bon temps
Mais sans mes parents »
Fin